Le marché britannique réglementé des jeux d’argent en zone de turbulences

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Royaume Uni

C’est dans une récente sortie que la Betting and Gaming Council a interpellé le gouvernement britannique sur son inquiétude concernant la hausse du taux d’utilisation des plateformes de jeux illégales. Cette inquiétude émane d’une enquête menée par l’organisme PriceWaterHouseCoopers pour le compte du BGC. Ladite enquête, dans son contenu, démontre que l’industrie britannique des jeux d’argent se trouve sur la pente raide. Les restrictions gouvernementales à outrance sur le secteur du jeu en seraient à l’origine et les pertes sont consistantes.

Les plateformes de jeu illégales ont le vent en poupe

La montée en puissance des activités de paris sportifs et des produits de loterie issus des circuits non réglementés préoccupe le conseil britannique des paris et des jeux d’argent. Le phénomène est tel que l’organisme a récemment rendu public le rapport de l’enquête dirigée par PriceWaterHouseCoopers. Selon le BGC, il y a une nette évolution du nombre de joueurs qui ont recours aux sites de jeux non licenciés. Ce nombre serait passé du simple au double en seulement deux années, soit de 220 000 utilisateurs à 460 000. Cette montée en flèche se chiffre à des milliards de livres sterling qui profitent au marché noir du jeu.

Le Betting and Gaming Council, ce n’est pas moins de 90 % des opérateurs agréés du Royaume-Uni dans lequel figurent les grandes marques comme Flutter Entertainment, Entain ou William Hill. Selon le conseil, le marché britannique du jeu est en train d’amorcer une pente dangereuse. En effet, avec le nombre d’utilisateurs de plateformes illégales en hausse, le marché noir détient actuellement 66 % des parts. Afin de limiter cette dégringolade, le BGC a émis quelques propositions à l’endroit du gouvernement.

Les mesures gouvernementales sont inappropriées et n’ont fonctionné nulle part

Selon le BGC, le gouvernement britannique gagnerait à s’inspirer des exemples qui n’ont pas fonctionné avant de prendre des mesures destinées à réglementer le marché local des jeux. Si on s’en tient à la rigidité des textes qui encadrent le secteur, il est difficile pour les parieurs de miser en toute quiétude. En plus, les opérateurs agréés ont les mains liées concernant la promotion de leurs produits, étant donné que la publicité est quasiment proscrite. Ajouter à cela, les fameux affordability checks qui limitent les dépôts rendent l’activité de moins en moins productive.

En 2020, le Danemark a imposé des restrictions sévères aux opérateurs licenciés, pensant agir pour une bonne cause. À la suite de cela, le fisc avait alerté le gouvernement sur une augmentation de l’intérêt des joueurs pour les sites illégaux, soit une croissance d’environ 9 % de tout l’argent misé. En Espagne, toute promotion ou publicité sur les jeux d’argent est interdite depuis 2020. Cette situation a conduit à la hausse des mises sur le marché noir qui ont atteint les 20 %. En France, l’état à la main mise sur le secteur du jeu et contrôle les activités des casinos en ligne. Le marché noir, avec cette tendance, c’est désormais 57% des mises lorsqu’une évaluation est faite.

Des conséquences terribles sont à redouter de la hausse du marché noir

Pour Michael Dugher, directeur du BGC, une éventuelle modification de la réglementation des jeux de hasard pourrait être lourde de conséquences. Selon lui, si le gouvernement s’entête à alourdir les conditions d’exploitation des entreprises de jeu, cela aura pour conséquence une augmentation plus importante des circuits illégaux. Cela impliquera une perte d’emploi pour environ 120 000 employés regroupés autour du BGC. Le trésor public s’en ressentira également, avec la perte de 4.5 milliards de livres sterling d’impôts que le BGC verse chaque année. Mais aussi la perte des 350 000 livres sterling que les structures agréées investissent tous les ans pour les courses de chevaux, que ce soit en parrainage, en prélèvements ou en droits médiatiques. Des apports qui ont été d’une grande utilité au plus fort de la crise sanitaire.

La Grande-Bretagne possède l’un des marchés de jeu en ligne les plus établis dans le monde. Et pourtant, les évènements des deux dernières années ont fait pencher la balance. Le gouvernement britannique continue de traîner les pieds en ce qui concerne le livre blanc sur la réforme des jeux de hasard, et au milieu de l’incertitude, les parieurs se tournent vers des fournisseurs offshores risqués.

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