Les mesures récentes de stimulation du secteur du jeu de hasard plongent Macao dans l’incertitude

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Macau

Le gouvernement macanéen met en place des mesures en vue d’augmenter les revenus du secteur des jeux de hasard. Mais la conjoncture économique met sérieusement en doute leur efficacité.

Le gouvernement en veut plus

La presqu’île de Macao augmente la pression sur les opérateurs de jeu de hasard. Cela s’est traduit par la mise en place d’un cadre limitatif en deçà duquel, les opérateurs ne peuvent aller sous peine d’être sanctionnés. Concrètement, le gouvernement a fixé le minimum de revenus bruts attendus des tables de jeux à 7 millions de Pacata (monnaie locale), soit environ 869 871 euros chaque année et chaque table. Pour les machines à sous, le minimum fixé est égal à 300 000 Pacata, soit environ 37 280 euros, par an et par machine. Le gouvernement a d’ores et déjà annoncé le seuil des revenus à 45 milliards de Pacata, soit 56,6 milliards d’euros, ce qui n’est toutefois pas éloigné du seuil fixé cette année selon le Bloomberg. C’est la première fois que le gouvernement macanéen met un tel dispositif sur pied.

Cette mesure contraignante est accompagnée de diverses sanctions. Selon le récent règlement gouvernemental de Macao, les opérateurs qui n’atteindront pas le minimum de revenus bruts requis seront, de toute façon, taxés. Aussi, les opérateurs qui iront au-delà du seuil seront taxés sur le surplus. À Macao, le taux d’imposition est de 40 %. C’est l’un des taux les plus élevés de l’industrie du jeu de hasard.  Si un opérateur n’atteint pas le minimum fixé, le secrétaire à l’économie et la finance viendra tout simplement lui retirer ses tables de jeu et machines à sous. Pour l’année 2023, Macao envisage d’attribuer des licences aux opérateurs pour un total de 12 000 machines à sous, et 6 000 tables de jeu. Les 6 opérateurs actuellement autorisés à proposer des jeux dans le pays font partie de l’ensemble des candidatures.

Une mesure à l’efficacité incertaine

Alors que l’économie du jeu de hasard mondiale se remet à peine du désastre causé par la maladie au coronavirus, l’annonce de Macao est perçue comme une bonne nouvelle par les opérateurs de jeu de hasard. L’intention du gouvernement est d’améliorer le contrôle des activités de ces opérateurs sur l’ensemble de la Région Spéciale Administrative chinoise (Macao). À travers ce cadrage original, le gouvernement espère ainsi que les opérateurs redoubleront d’efforts pour générer encore plus de revenus de leurs tables de jeu et machines à sous.

Mais l’efficacité de cette mesure risque d’être mise à mal par de récents événements. En premier lieu figurent les mesures prises par la Chine pour contrer les effets des nouvelles vagues du COVID-19. En effet, Xi Jinping a lancé une gigantesque opération « ZeroCovid » en vue de radier le virus de la biosphère chinoise. En conséquence, des règles strictes sont imposées aux opérateurs, au détriment de leur chiffre d’affaires. Le flot de touristes, importante clientèle à Macao, a ainsi connu une forte baisse, et les junkets, intermédiaires des clients fortunés, subissent un effritement dû à la campagne de lutte du gouvernement. C’est pourquoi Macao a enregistré une dégradation de ses performances dans le secteur du jeu de hasard. Entre les deux premiers trimestres 2022, le pays a enregistré une décote de 52 % du revenu brut des jeux. Une comparaison annuelle laisse voir une chute de 67 % par rapport aux 6 premiers mois de l’année 2021. Pour se maintenir, les casinos macanéens doivent dépenser environ 600 millions d’euros. Selon certains experts, le secteur devrait retrouver un rythme convenable d’ici le troisième et le quatrième trimestre, voire en cours 2023, pour les plus pessimistes.

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